Innovation

W100 2008 : les grandes femmes d'affaires canadiennes

Written by Jennifer Myers

Il n’y a jamais eu un si bon moment pour être une entrepreneuse. Vous n’avez qu’à demander à Marg Hachey. La fondatrice de Duocom Canada Inc., basée à Richmond Hill en Ontario, à découvert à un jeune âge qu’elle avait un talent pour la vente, et après avoir vendu des produits Avon et de l’équipement AV, elle et son partenaire d’affaires, Ross Fairholm, sont partis à leur compte en 1974 pour vendre des rétroprojecteurs principalement aux gouvernements et aux éducateurs.

L’entrée dans la salle de conférence a cependant présenté des défis. Telle une femme isolée dans une mer d’habits, Mme Hachey a eu très peu de modèles et n’avait pas les réseaux d’affaires de ses homologues masculins. Mme Hachey a dû obtenir le respect en développant un savoir approfondi de ses produits et de son industrie. « Je m’assurais toujours de faire mes devoirs », dit Mme Hachey, « et que je connaissais mes produits et leur application du point de vue des affaires. »

Cet effort a aidé à transformer Duocom en un fournisseur à guichet unique de technologie et de services multimédias, comme l’intégration d’équipement AV dans les salles de conférence et l’organisation de présentations en direct. En 1999, avec des ventes de 36,8 millions de dollars, Mme Hachey était au 7e rang de la toute première liste de femmes d’affaires canadiennes.

L’histoire de Mme Hachey n’arrête cependant pas ici. En 2000, les partenaires ont reçu une offre qu’ils ne pouvaient refuser, et ont vendu Duocom à MCSI Inc., une entreprise de services AV de Dayton en Ohio et maintenant dissoute. Lorsque MCSI a fait faillite trois ans plus tard, Mme Hachey et M. Fairholm ont racheté les actifs de Duocom. Duocom possède maintenant sept filiales au Canada et son chiffre d’affaires annuel de plus de 41 millions de dollars permet de placer Mme Hachey au neuvième rang du 10e classement annuel W100 des femmes d’affaires canadiennes du magazine PROFIT.

Lorsque PROFIT a lancé « les plus grandes femmes d’affaires au Canada » (nom du classement jusqu’en 2004), notre objectif était de célébrer les accomplissements des femmes d’affaires et souligner leur importance dans l’économie canadienne. Sachant que des femmes dirigent certaines des entreprises les plus dynamiques et durables au Canada, nous voulions les mettre à l’avant-plan de la scène média nationale. Mission accomplie : depuis 1999, PROFIT a utilisé le programme W100 pour raconter les histoires de réussite des plus grandes femmes d’affaires au Canada, explorer les occasions et les défis auxquels font face ces femmes à la barre et révéler les pratiques d’entreprise exemplaires. Et nous croyons que nous avons amélioré la vie des femmes propriétaires d’entreprises.

Mme Hachey affirme, par pure coïncidence, qu’elle a vu plus de changement positif pour les femmes d’affaires dans la dernière décennie que dans les 25 années antérieures. Elle a remarqué que les femmes démarrent des entreprises dans diverses industries, et non seulement dans les « secteurs stéréotypés féminins » comme la vente et les soins de santé. Mme Hachey croit aussi que les gens son plus sensibilisés à l’impact important que les femmes d’affaires ont sur l’économie; plus de réseautage centré sur les femmes et de groupes de mentorat pour donner du soutien et des ressources; et oui, il y a même un meilleur accès au capital pour les femmes d’affaires.

Si tout cela est vrai, alors les leaders du W100 semblent récolter les prix. Le chiffre d’affaires annuel moyen des plus grandes femmes d’affaires canadiennes s’est élevé à 36,8 millions de dollars dans la dernière année, était de 32 millions de dollars l’année précédente et était de seulement 15 millions de dollars lors de la création du classement en 1999. Et il y a de plus en plus de femmes dans les secteurs dominés historiquement par les hommes, comme la construction, le transport, la TI et l’industrie manufacturière.

La meneuse est Rebecca MacDonald, présidente et co-PDG d’Energy Savings Income Fund de Toronto, un revendeur de gaz naturel et d’électricité qui offre des contrats à long terme et prix fixe aux entreprises et aux consommateurs. Mme MacDonald a établi sa place dans un secteur traditionnellement mâle, avec le chiffre d’affaires d’Energy Savings qui est passé de 23 millions de dollars en 1999 à 1,7 milliard de dollars pour l’exercice 2008.

Joyce Groote en connaît aussi beaucoup sur la croissance. La présidente et PDG de Holey Soles Holdings ltée (no.25) a vu l’occasion dans la tendance des chaussures de mousse couleur bonbon. Après s’être jointe à l’entreprise comme PDG par intérim en 2004, Mme Groote s’est investie complètement. Elle a élaboré un nouveau plan d’affaires, imparti la fabrication et augmenté les ventes et le marketing. Les chaussures Holey Soles sont maintenant vendues dans 40 pays et le chiffre d’affaires de l’entreprise a atteint 17,2 millions de dollars en 2007, une augmentation de 2 824 % depuis 2004.

Il est évident que les membres du W100 sont des modèles pour la génération suivante de femmes d’affaires — un rôle que Mme Hachey prend au sérieux. Elle est heureuse de faire des recommandations et de donner des conseils à de nombreuses femmes qui l’approchent pour lui demander son aide et des idées. Elle est aussi une mentore officielle pour StepAhead, un groupe de mentorat de Toronto qui jumelle des entrepreneuses novices avec des femmes d’affaires d’expérience.

De tels groupes n’en étaient qu’à leur début il y a dix ans, affirme Mme Hachey : « Aujourd’hui, les femmes affluent dans les groupes de réseautage pour obtenir de l’aide et avoir accès aux ressources ». En effet, les groupes qui ciblent les femmes, des entreprises subventionnées par le gouvernement aux associations comme la Women Presidents’ Organization, Les femmes chefs d’entreprises du Canada et le Réseau des femmes exécutives offrent des occasions d’apprentissage et de réseautage pour aider les femmes à faire accroître leurs entreprises. De tels groupes offrent un environnement non menaçant pour les femmes aux vues similaires, dit-elle, et il y a un certain niveau de confort à savoir que d’autres femmes font face aux mêmes défis personnels et professionnels.

Bien qu’il soit toujours difficile d’obtenir du capital — pour les femmes comme les hommes — Mme Hachey croit qu’il existe maintenant plus d’options de financement pour les femmes. Elle mentionne la Banque de développement du Canada (BDC), qui a un mandat de soutien aux femmes. Les entreprises W100 de cette année ont utilisé plusieurs sources de financement, dont des sociétés de capital-risque, des établissements de financement reposant sur l’actif et des sociétés d’affacturage.

Malgré toutes ces améliorations pour les femmes d’affaires, il est moins probable que les entreprises dont les femmes sont propriétaires aient des employés, elles grandissent plus lentement et sont plus petites que celles détenues par des hommes. Des 800 000 entreprises possédées par des femmes au Canada, 85 % d’entre elles ont moins de cinq employés et la moitié sont des entreprises individuelles. À 318 000 $, le chiffre d’affaires annuel moyen des entreprises détenues par des femmes est plus petit que la moitié de celui des hommes (680 000 $). Pourquoi?

Un rapport de 2005 produit par Industrie Canada et l’école des affaires Sprott de l’Université de Carleton démontre qu’une explication partielle vient du fait que les femmes démarrent encore des entreprises de service à potentiel de croissance moyen. Mais le rapport suggère aussi que les femmes amènent dans l’aventure moins de formation et d’expérience en finance, marketing et exploitations que leurs homologues masculins. Il y a aussi des différences d’attitudes au sujet de la croissance et la propension de risques, qui influencent le rendement de l’entreprise.

Kim McArthur acquiesce que les femmes manquent souvent d’expertise en gestion nécessaire pour amener l’entreprise au-delà de la phase de démarrage. La présidente de l’entreprise McArthur & Co. Publishing ltée de Toronto (no 44) a passé des années à apprendre les rudiments dans diverses maisons d’édition canadiennes, pour éventuellement devenir présidente de Little, Brown Canada, une filiale de Time Warner. Le sens aigu des affaires que Mme McArthur a obtenu s’est avéré d’une très grande valeur lorsqu’elle a lancé sa propre entreprise en 1998. « J’avais l’occasion de participer à des conseils d’administration au siège social des États-Unis et j’ai appris ce qu’il faut pour gérer une entreprise », mentionne-t-elle. Ses premiers investisseurs, deux cadres supérieurs de l’édition du livre, étaient aussi de très grands mentors.

Et il y a l’éléphant dans la pièce : bien que les hommes contribuent plus dans la maison qu’ils ne le faisaient, les femmes prennent encore la responsabilité du gros des affaires domestiques. Mme Hachey dit : « Je dis souvent à la blague que j’ai besoin d’une femme ».

Le manque de temps qui en résulte est une raison pour laquelle il est moins probable que les femmes exportent que les entreprises détenues par des hommes, peu importe la taille, le secteur ou le potentiel de croissance. Selon le rapport d’Industrie Canada,  les autres principaux facteurs de la résistance des femmes à l’exportation sont les coûts et le genre.

Alors que la majorité des W100 exportatrices disent que le genre n’a pas été un désavantage dans les marchés étrangers, celles qui ont connu des problèmes à l’étranger les ont contournés. Voyez Liz Falconer, présidente de Brees Communications Inc. (no 98), une agence de publicité de Toronto. « Mon genre a causé des problèmes dans quelques rares cas. Dans ces situations, je savais instinctivement qu’une présence masculine accélèrerait le taux de vente », déclare Mme Falconer. « J’ai embauché à quelques reprises un homme pour m’accompagner à une réunion, donner des tapes dans le dos, dire des blagues sur le golf pendant que je prenais les recettes et me sauvais. »

Malgré les défis, il faut peut-être rappeler aux femmes d’affaires les avantages d’une entreprise en croissance, comme une plus grande stabilité, la capacité d’attirer des employés de meilleure qualité et la sécurité financière.

C’est pourquoi Mme Hachey s’est concentrée sur la croissance. « Je voulais la sécurité, je voulais une meilleure vie et redonner », affirme-t-elle. « Les femmes ont beaucoup de potentiel. Elles doivent l’utiliser. »

Comment nous avons fait le classement W100 de PROFIT

Les W100 ont été classées par chiffre d’affaires brut de l’exercice complété le plus récent. Les nombres ont été vérifiés avec les états financiers. PROFIT a demandé des candidatures à partir de PROFIT, les publications de Canadian Business et Maclean’s, ainsi qu’en ligne à l’adresse PROFITguide.com; le publipostage direct aux anciennes gagnantes et autres femmes propriétaires d’entreprises.

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